Miroir de l'âme : rencontres d'âmes et d'esprits

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 Pinterovic'-LA CONIUNCTIO OPPOSITORUM - OU LA VOGUE EPISTEMOLOGIQUE D'UNE TRES VIEILLE METAPHORE

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MessageSujet: Pinterovic'-LA CONIUNCTIO OPPOSITORUM - OU LA VOGUE EPISTEMOLOGIQUE D'UNE TRES VIEILLE METAPHORE   Ven 6 Nov - 17:09

Antoine Pinterovic

Debet autem in his profundis omnis nostri humani ingenii
conatus esse, ut ad illam se elevet simplicitatem, ubi
contradictoria coincidunt.


La notion d'union des opposés est certes une des notions fondamentales de la psychologie analytique de Carl Gustav Jung, presqu'un "objet magique", fascinant donc, et susceptible de conceptualisations les plus diverses, suivant l'impact émotionnel qu'il peut avoir sur telle ou telle personne, qu'elle soit analyste jungien ou simplement lecteur passionné de Jung. C'est dire combien une approche plus rationnelle de cette notion d'origine alchimique peut paraître comme une gageure. Le "Vocabulaire de la psychologie jungienne"1 indique que Jung y voyait l'archétype même du fonctionnement psychique, symbolisant un modèle de relations entre deux ou plusieurs facteurs inconscients. Le fait que Jung ait consacré à l'analyse de cette notion - pour ne pas dire de cette image - son Meisterwerk: le fameux Mysterium Coniunctionis en deux volumes2, atteste de son importance dans la pensée jungienne.

Il peut être intéressant de partir à la recherche des prodromes de cette notion dans la pensée de Jung, alors qu'il n'avait pas encore rencontré la philosophie hermétique.

On trouve une toute première formulation de cette notion dans le texte d'une conférence de Jung faite aux étudiants en 1916 sous le titre "La Fonction transcendante"3. Dans sa conception de la psyché comme "système auto-régulateur", la fonction transcendante "provient de l'union des contenus conscients et inconscients"; cette union est de nature dialectique dans la mesure où les tendances conscientes et inconscientes sont la plupart du temps dans un rapport d'opposition, en vertu d'une sorte de loi de compensation et de complémentarité entre le conscient et l'inconscient. Le "caractère assuré et orienté des contenus conscients" - acquisition tardive de l'histoire humaine - tend à "inhiber" (dans le langage freudien, auquel Jung répugne à l'époque pour des raisons personnelles, on dirait plutôt "refouler") tous les éléments psychiques qui ne sont pas acceptables pour un projet de vie conscient suivant les nécessités de l'existence. Mais, dès cette époque, Jung avait senti qu'il y avait dans ce qu'il appellera ultérieurement la "psyché objective" aussi un processus spontané d'opposition au conscient et qui va au-delà du simple processus de refoulement: il n'y a pas que l'initiative du refoulement par le conscient, il y a aussi une sorte de constellation automatique dans l'inconscient de l'attitude opposée à celle du conscient dans le but d'une compensation, d'un rééquilibrage de l'attitude unilatérale du conscient nécessaire et justifiée en soi pour une conduite de vie normale. Dès cette époque, Jung nous y offre aussi de précieuses indications diagnostiques dans le cadre de sa psychodynamique: chez le névrosé, le seuil de conscience est plus mobile, la cloison entre conscient et inconscient est plus perméable; le psychotique, pour sa part, est entièrement soumis à l'influence directe de l'inconscient.

La notion de "fonction transcendante" sera analysée et précisée davantage, toujours avant la rencontre avec la pensée alchimique, dans les "Types psychologiques"4:

"Le moi divisé entre la thèse et l'antithèse découvrira en l'expression moyenne son pendant, l'unique expression qui lui est propre; il s'en saisira aussitôt passionnément pour se libérer de sa dissociation. La tension des opposés s'engouffrera et se concentrera alors en l'expression moyenne, la protégeant dans la lutte des opposés. (...) La stabilité du moi et la supériorité de l'expression moyenne sur la thèse comme sur l'antithèse me semblent corrélatives et se conditionnent mutuellement. (...) En réalité la stabilité et le défini de l'individualité aussi bien que la force souveraine de l'expression inconsciente ne sont probablement que les indices d'un même fait. (...) La stase des forces vitales est donc supprimée; la vie peut se développer vers des buts nouveaux avec des forces renouvelées. Ce processus (...) je l'appelle dans son ensemble fonction transcendante.


Dans ces mêmes "Types psychologiques"5, fonction transcendante, sur le plan dynamique, est synonyme de "symbole vivant", réconciliation des opposés:

"La situation psychologique (...) est marquée par une scission grandissante dans le mode d'utilisation de l'énergie psychique, ou libido. Une moitié se tourne vers une utilisation prométhéenne, l'autre, vers une utilisation épiméthéenne. (...) De là vient que l'optimum vital se retire de plus en plus des extrêmes opposés pour chercher une position intermédiaire, nécessairement irrationnelle et inconsciente, puisque seuls les extrêmes opposés sont rationnels et conscients. La position intermédiaire où ils se rejoignent étant irrationnelle et encore inconsciente apparaît projetée sous la figure d'un dieu conciliateur, messie ou médiateur."

Point n'est besoin d'insister sur le fait quelle importante confirmation Jung a dû trouver dans la pensée alchimique qui lui a permis en outre - par la notion de coniunctio oppositorum - de sortir des personnifications religieuses vers la formulation d'une métapsychologie paradoxalement beaucoup plus rationnelle de la dynamique des pulsions; je dis paradoxalement à cause du langage apparemment tout aussi esotérique du discours alchimique. Mais apparemment seulement, car ce qui distingue essentiellement le discours alchimique des discours religieux, comme nous l'avons fait remarquer ailleurs6, c'est qu'il possède une méthodologie et une épistémologie où le processus dynamique ne se déroule pas tout à fait inconsciemment, spontanément: c'est en cela d'ailleurs que l'alchimie constitue , comme forme de spiritualité, un progrès par rapport aux religions traditionnelles; elle est un processus consciemment recherché et agi. Il reste sans doute inconscient en tant qu'il est projection d'un déroulement endopsychique sur le monde des substances extérieures, mais elle est consciente en tant que processus, à la différence des mythologies et des religions traditionnelles où tout est projection à l'extérieur, autant l'image que son déroulement dynamique. C'est en cela que gît, pensons-nous, le sens profond du fameux slogan: Ars naturam perficit rudem. Car, dans ce sens, l'opus est effectivement aussi une technique (techne = ars) spirituelle, au même titre que le yoga, par exemple; une manipulation concertée de symboles, alors que la mythologie traditionnelle (y compris celle des religions du Livre) est davantage un processus inconscient spontané qui se parle, plus qu'il n'est parlé, comme nous l'a montré un Kérényi7.

Cela dépasserait largement le cadre de cet article ne fût-ce que de tenter de montrer les multiples prolongements et effets de sens que la notion alchimique d' "union des opposés " a eus dans la psychologie de Jung, et notamment dans sa psychologie du transfert comme union incestueuse symbolique de ces contraires qui sont à la fois les mêmes. Notre projet est plus modeste: montrer sa richesse d'application dans la réflexion d'un de ses disciples éminents, l'analyste zurichois C.Tony Frey-Wehrlin. Avant de nous y engager, précisons cependant que Jung définissait cette notion complexe notamment ainsi:8 "L'inconscient activé apparaît comme un pêle-mêle de contraires déchaînés, entraînant comme exigence de tenter de les réconcilier, ce qui donnera naissance, disent les alchimistes, au grand remède universel, la medicina catholica." Et un peu plus loin:9

"La personnalité nouvelle n'est nullement quelque chose d'intermédiaire entre le conscient et l'inconscient, elle est les deux. Comme elle transcende la conscience, elle ne doit plus être désignée comme moi, mais comme soi. (...) Le soi est moi et non-moi, subjectif et objectif, individuel et collectif. Il est, en tant que degré suprême de la totale union des contraires, le 'symbole unificateur'. Par suite, il ne peut être exprimé, conformément à sa nature paradoxale, que par des figures symboliques."

Et Jung nous y renvoie alors à ses analyses du symbole unificateur précisément dans ses "Types psychologiques".

Dans la notice de notre traduction française des études de psychologie analytique de Toni Frey, nous avons relevé le fait que la minceur (quantitative!) de l'oeuvre est largement compensée par la densité (qualitative!) de la pensée et de l'écriture, ainsi que par la diversité des sujets abordés: cela va des problèmes de l'interprétation des rêves, en passant par ceux de la synchronicité dans la maladie mentale et de l'inefficacité statistiquement "démontrée" des méthodes psychothérapeutiques, jusqu'aux problèmes parapsychologiques du phénomène de la synchronicité en général, des rapports de la psychologie analytique et de l'éthique, de la pathologie institutionnelle, de la supervision, du rôle de l'homosexualité dans la transmission du savoir analytique, et du statut de la psychologie des profondeurs face aux tentatives récentes de légalisation et d'institutionalisation de la psychologie clinique académique un peu partout dans le monde. Mais ce qui traverse, cependant, comme un fil rouge - pour nous servir d'une métaphore freudienne -, toute la réflexion de Toni Frey, c'est le caractère dialectique et dynamique de la psychologie jungienne, dont l'élément moteur est précisément la notion d'union des contraires, avec, comme corollaire indissociable, la nécessité de l'intégration de l'ombre dans la totalité de la psyché. Jung écrivait, en effet, dans sa "Psychologie du transfert":1O "La totalité n'est pas la perfection, mais une intégralité." C'est ce que nous allons tenter de montrer dans la suite de cet exposé.

Dès sa première étude (1961) sur les problèmes de l'interprétation des rêves, Toni Frey se pose fondamentalement comme philosophe (qu'il est aussi par sa formation de base); il en sera ainsi jusqu'à son étude la plus récente, publiée en 1993, sur le problème de l'attitude correcte de la psychologie des profondeurs vis-à-vis des exigences institutionnelles et sociétales en général. La passion de Toni Frey, en effet, c'est d'abord la question des limites de la connaissance. Nous épinglerons dans ce premier essai une définition très "jungienne" de la connaissance:11

"La connaissance consiste en un processus rationnel d'agencement d'éléments dont le choix dépend de facteurs explicitement irrationnels. Ce n'est que la coopération des deux composantes, la rationnelle et l'irrationnelle, qui rend la connaissance possible."

C'est situer d'emblée la connaissance humaine non seulement dans le cadre d'une épistémologie dialectique, mais aussi dans celui de l'image archétypique de l'union des opposés qui seule puisse garantir, à ses yeux, un progrès véritable de la connaissance.

C'est toutefois dans son analyse des rapports entre la psychologie des profondeurs et l'éthique (1971) que Toni Frey est entré au coeur du thème qui nous occupe. C'est encore une fois dans un cadre épistémologique - le phénomène historique des "Lumières" (Aufklärung) - que Frey situe le débat. Il y reviendra dans d'autres études.

Il part de la constatation que l'émergence d'idées nouvelles rencontre toujours une résistance virulente du côté de la tradition, parce que le neuf menace toujours ce qui existe, à savoir les structures scientifiques, économiques et sociales d'une civilisation. Mais il ajoute aussitôt - toujours dans la perspective de l'image archétypique de l'union des opposés - "que le neuf et l'ancien peuvent s'unir dans une synthèse qui permet à l'existence de se poursuivre", bien qu'une telle synthèse ne permette pas d'en déduire "un caractère par principe inoffensif de l'évolution ultérieure". Il en voit la meilleure illustration dans les grandes catastrophes politiques et économiques. Il s'attache alors à montrer les effets de ce mécanisme dans le domaine plus restreint de la psychothérapie analytique.

Dans ce domaine précis, le neuf semble toujours venir de l'inconscient en tant que "tout autre" et en tant que défi au moi comme représentant des certitudes établies. Ce défi a généralement le caractère d'un affect violent en provenance, comme nous l'a enseigné Jung, d'un complexe autonome qui exige une réorientation du moi devenu trop unilatéral en s'en tenant à des règles morales devenues désuètes par rapport aux exigences de l'inconscient et ne permettant donc plus au flux de la vie de se renouveler. Toni Frey cite plusieurs cas de sa clinique démonstratifs de ce processus de compensation. Mais un véritable problème éthique surgit lorsqu'on quitte le plan individuel pour entrer dans le domaine collectif. Toni Frey écrit textuellement:12

"La conscience collective (...) perçoit donc le neuf, l'inconnu, comme étranger, dangereux et mauvais. 'Mauvais' est à ce niveau ou dans cette phase d'évolution tout à fait synonyme de 'neuf', précisément parce que le neuf ne s'insère pas sans plus dans le contexte de ce qui est traditionnellement connu. Pour recourir à une formulation plus aigre: la morale en vigueur est toujours d'hier et inappropriée dès lors pour maîtriser les problèmes vraiment actuels. Il s'en suit régulièrement aussi que les représentants des idées nouvelles sont perçus comme des destructeurs de la morale et donc de l'existence collective; leur dénonciation en tant que nihilistes relève de l'inventaire permanent d'un combat qui n'est pas que politique."

L'auteur préconise donc d'éviter, dans de telles situations, la confrontation violente, en essayant d'abord d'adapter les idées nouvelles à la conscience traditionnelle:

"Ceci ne sera toutefois guère possible, dans les cas plus favorables, sans la disposition de la conscience à la transformation et à l'adaptation, mais cela signifie aussi, une vraie remise en question. Ce n'est que cette tentative - adapter le neuf à ce qui existe déjà - non pas comme une simple juxtaposition, mais dans un processus mutuel d'interpénétration - ce n'est que cette tentative qui peut mener à un jugement différencié sur le bien et le mal. A la place de l'identification du traditionnel avec le bien, d'une part, et du neuf avec le mal, d'autre part, une 'unification' des points de vue pourrait résulter d'une globalisation de l'ancien et du neuf dans un tout conscient de ses côtés sombres, et dont il tient compte!" (C'est nous qui soulignons.)

On voit tout de suite ce que vise ici Toni Frey, en parfait accord, du reste, avec l'enseignement de Jung: un processus dialectique et dynamique entre les pôles opposés, une relation correcte où ces deux attitudes manifestement opposées doivent être simultanément mises en jeu - un paradoxe, si on veut - ne pouvant guère être une affaire d'ordinateur, ni de science, mais de conscience morale qui est toujours l'apanage de l'individu, car c'est toujours lui qui se pose en face des forces obscures, que ce soient celles de l'instinct ou celles de l'esprit.

Ce souci d'une relation thérapeutique en tant que processus dialectique et dynamique sous-tend également autant l'étude sur les psychoses chroniques13 que celle sur les problèmes de la supervision.14 Dans la première, Toni Frey insiste sur le fait que la conception jungienne ne considère pas la thérapie comme un "traitement objectif", mais comme un engagement et une confrontation dans un processus dialectique dont la correspondance symbolique est alchimique et dans laquelle les deux partenaires sont engagés; et si le patient chronique se refuse à la transformation, il ne se refuse pas à la reconnaissance qui peut être approfondie et différenciée. Dans la seconde, il attire l'attention sur le fait qu'il n'y a pas que le superviseur qui ait une ombre, mais aussi la supervision elle-même en tant que procédé: malgré des études qui ont montré que des référents sans formation mais humainement engagés obtiennent les mêmes succès thérapeutiques que des analystes expérimentés, nous continuons, écrit-il, à former, à l'aide de méthodes de plus en plus sophistiquées, des analystes de plus en plus sophistiqués. Faut-il pour autant sombrer dans cette ombre et en attraper quelque complexe d'infériorité et de la dépression? La psychologie analytique a, en effet, un autre sens encore que la guérison des névroses, la santé mentale telle que la conçoit dans sa mythologie de la santé comme bien-être total et complet l'Organisation Mondiale de la Santé, par exemple; nous avons des notions comme le "soi" et "l'individuation" que nous considérons comme sensées. Et si la psychologie jungienne ne doit pas renoncer pour autant, d'une part, au souci de la santé et du bien-être de ses patients, elle doit également tenir compte, d'autre part, de l'autre côté, qu'on le dénomme salut, sens, individuation ou autrement encore. Cette attitude, qui encore une fois s'efforce de concilier des opposés, est particulièrement nécessaire à notre époque qui dans sa tendance unilatérale rationalise de plus en plus, cherchant toujours davantage le bien-être et des "visées thérapeutiques" et de moins en moins le sens. Une psychologie jungienne "adaptée à l'esprit du temps" semble une chose inconcevable. Frey approfondira cette idée dans son essai le plus récent sur une autre couple d'opposés: la résistance et l'adaptation.

C'est dans son étude sur les recherches statistiques en matière de succès thérapeutique dans la psychologie des profondeurs15, que le clinicien zurichois a sans doute formulé avec le plus de précision sa conception dialectique et dynamique de la thérapie analytique.

Partant de la constatation que les études statistiques sur le succès en psychothérapie montrent manifestement que c'est le désir de succès qui engendre une croyance au succès, nullement confirmée par des investigations objectivantes, nous devons admettre que cet épineux problème se situe d'emblée "sur la ligne de front qui court entre le mythe et les Lumières" (la rationalité). Cette concession nous contraint de reconnaître que la psychothérapie est effectivement inefficace - du moins là où on a cherché son efficacité jusqu'ici:

"Avec nos efforts psychothérapeutiques cela ne fonctionne manifestement pas. Peut-être non plus avec le 'faire'? Car savons-nous ce qu'est une psychose, comme nous savons ce que sont des maisons, des plans de circulation, des appendices et des décisions d'ordre public? Ou alors, notre conscience n'est-elle pas, sur ce sujet, aussi lumineuseement claire, mais plutôt lunaire, maternelle. (...) Même si le clair de lune est lumineux, les contours y restent légèrement flous, on les devine plus qu'on ne les connaît. Ici, ce sont l'intuition, le sentiment, qui comptent, la contemplation plutôt que la vision, l'écoute plutôt que l'ouïe, l'être plutôt que l'action, le recueillement plutôt que la recherche - peut-être aussi la magie plutôt que la technique? Il s'agit moins ici de 'réalité' que de 'vérité' - ici également, les guillemets sont de rigueur, si c'est la vérité du mythe que nous opposons à la réalité du Logos."

Blaise Pascal, plus de trois siècles auparavant, avait déjà constaté la même chose lorsqu'il écrivait:16

"Qui se considérera de la sorte, s'effrayera de soi-même et, se considérant soutenu dans la masse que la nature lui a donnée, entre ces deux abîmes de l'infini et du néant, il tremblera dans la vue de ces merveilles; et je crois que, sa curiosité se changeant en admiration, il sera plus disposé à les contempler en silence qu'à les rechercher avec présomption."

Et ce rapprochement n'est pas fortuit, non seulement parce que Toni Frey s'identifie comme philosophe d'abord et parce que la pensée de Blaise Pascal, ce génial précurseur de l'existentialisme, est également fondamentalement dialectique et dynamique, mais surtout parce que ce texte oppose explicitement l'attitude religieuse à l'attitude scientifique, l'une n'excluant pas nécessairement l'autre. Or, c'est précisément la prise en considération sans restrictions du phénomène psychologique de la religion, comme le montre excellemment Toni Frey dans son essai "Résistance et adaptation",17 qui a été à l'origine de sa séparation d'avec Freud, mais qui a été aussi l'élément décisif dans l'individuation de Carl Gustav Jung: "Il faut constater que 'religio' est une attitude qui se trouve derrière tout l'oeuvre et toute la vie de Jung, et qu'elle pénètre toutes ses séquences."

Illustrant son propos avec le cas "Herbert" tiraillé entre un monde paternel "sérieux", scientifique, rationnel, socialement adapté, et un monde maternel "joyeux", artistique, "fou", déviant, mais refoulé, Toni Frey arrive à la conclusion paradoxale mais significative qu'Herbert "n'est pas malade parce qu'il ne voit pas suffisamment la 'réalité', mais bien parce qu'il ne voit qu'elle, ne pouvant pas voir autre chose". Il s'en suit que la thérapie doit donc s'engager dans l'obscurité, abandonner le champ des connaissances sûres, s'aventurer même dans le domaine de l'incertain et, peut-être, de l'insensé et même du faux. C'est en admettant la possibilité que les statistiques, tellement défavorables au succès thérapeutique de la psychothérapie, soient une certitude et pas seulement une hypothèse, qu'apparaîtra ce qu'est un véritable psychothérapeute: "celui qui ne quitte pas son poste résigné, mais qui persévère justement alors avec la 'psycho-thérapie', la 'cure des âmes'.Autant dire, comme l'auteur le montre dans son étude sur l'acédie18, que la clinique psychiatrique nécessite autant le désordre que l'ordre, que l'accompagnement d'une âme malade a autant besoin de chaos que de structure, "car l'individualité, et donc aussi l'individuation, sont inconcevables sans singularité et sans péché".Il est significatif que nos confrères freudiens s'en sont récemment également rendu compte: dans un pamphlet remarqué,19 ils voient "le malaise dans la psychanalyse", eux aussi, dans une attitude unilatérale, caractérisée par un "médicocentrisme" grandissant, dans la "socialisation" de la thérapie psychanalytique, dans sa conformation aux exigences des caisses d'assurance-maladie, et due au refoulement de la pulsion de mort qui fait dégénérer la psychanalyse en une "inoffensive common-sense-psychology", une science "unipotente", due à l'idée fixe que tout salut doit être attendu de la science, qui est la superstition du siècle. Encore une fois, non pas l'un ou l'autre, mais l'un et l'autre!

Entrant dans une vive polémique entre les partisans d'une "résistance à outrance" des analystes à une Gleichschaltung de l'analyse vis-à-vis des prétentions de la psychologie universitaire et des exigences des institutions de l'Etat en la matière et ceux qui cherchent une adaptation concertée aux nécessités et à la mentalité de l'époque (comme le groupe jungien de Berlin), dans sa dernière étude publiée, intitulée "Résistance et adaptation",2O Toni Frey défend encore une fois l'attitude jungienne classique: non pas résistance ou adaptation, mais résistance et adaptation. Tout dépend, évidemment, à quoi on résiste et à quoi on s'adapte.
De manière quelque peu cynique, il cite ainsi une lettre de Jung de 1945 où celui-ci explique que sa thérapie n'est pas le traitement des névroses, mais l'approche du numineux, et que c'est dans la mesure où l'on parvient aux expériences numineuses qu'on est sauvé de la malédiction de la maladie. A la suite de quoi, Toni Frey se demande, avec raison, ce qui en adviendra des analystes jungiens lorsqu'ils auront informé les gestionnaires de la santé et les caisses d'assurance-maladie qu'ils ont comme projet thérapeutique de mener leurs patients vers le numineux! Il écrit textuellement:

"Que faire? Devrions-nous nous retirer dans quelque réduit et attendre des temps meilleurs, même si ces temps à venir nécessitent quelques générations? A l'instar de nos devanciers, les alchimistes, qui n'avaient, eux non plus, aucune licence d'exercer et étaient heureux s'ils ne finissaient pas sur le bûcher. Et entretemps? Cultiver notre jardin? Et qu'en sera-t-il de nos patients, de nos étudiants, de notre Institut?"

La solution? Elle est de nouveau très "jungienne". Il faut s'adapter; il faut "rendre à César ce qui est à César". Mais pas n'importe comment, pas à n'importe quel niveau et à n'importe quel prix. Une adaptation au niveau idéologique est hors de question, car notre authentique "raison d'être" y est en jeu. Mais la "persona" jungienne peut s'adapter, "le masque derrière lequel se cache l'essentiel, l'authentique". La seule chose qui est interdite, c'est de s'y identifier: si un jour quelque étude statistique réussit à montrer l'efficacité propre de la psychologie analytique, ne succombons pas alors, au leurre du grand guérisseur efficace! Et Toni Frey d'ajouter:

"Je plaide pour le camouflage! Couvrons-nous de la cape statistique, puisque cela nous aide à survivre sans renoncer à notre objet le plus important! Dans une confrontation directe, nous n'avons pas la moindre chance. Donc: retirons-nous à l'arrière-plan, mais jouons en surface le jeu de tout le monde! Nous ne sommes tout de même pas si dépourvus d'atouts que cela."

Adaptation et résistance, poursuit-il: nous avons besoin des deux, mais suivant une hiérarchie secrète: l'adaptation au service de la résistance.

N'est-ce pas, en fin de compte, ce que Jung nous a toujours enseigné?21

"Une sensibilité morale plus fine ou une intuition plus profonde ne peut nier que cet apparent 'l'un puis l'autre' ne soit en réalité un 'l'un avec l'autre'. (...) L'attitude de 'l'un après l'autre' est un degré préliminaire supportable qui prépare à la connaissance plus profonde de 'l'un avec l'autre', cette dernière attitude ayant le désavantage de poser un problème incomparablement plus difficile. (...) Les opposés sont essentiellement des conditions inextirpables et indispensables de notre vie psychique, et cela au point que l'existence et la vie sont déjà synonymes de faute."


N O T E S

1 A.SAMUELS-B.SHORTER-F.PLAUT: A Critical Dictionary of Jungian Analysis, Routledge & Kegan Paul, London, 1986.
2 C.G.JUNG: Mysterium Coniunctionis, I-II. Trad. par E.PERROT. Albin Michel, Paris, 198O, 1982.
3 C.G.JUNG: The Transcendent Function (1916). Translated by A.R.HOPE. Prefaced by J.HILLMAN. Published by the Students Association of the C.G.Jung Institute Zurich. Karl Schipper & Co., Zurich, 1957. Version française: "La Fonction transcendante". Trad. par R.BOURNEUF-C.GAILLARD, in: L'Ame et le Soi, Albin Michel, Paris, 199O. G(esammelte) W(erke), 8, par.131-193.
4 C.G.JUNG: Types psychologiques. Trad. par Y.LE LAY. Georg/Librairie de l'Université, Genève, 195O, p.497. GW, 6, par.9O5.
5 Idem, p.197. GW, 6, par.323.
6 A.PINTEROVIC: Saint-Exupéry ou l'enfant divin.L'archétype du "puer aeternus" comme structure de la vie et de l'oeuvre d'Antoine de Saint-Exupéry. Thèse. Inédit.
7 C.KERENYI: "De l'origine et du fondement de la mythologie", in: C.G.JUNG-C.KERENYI: Introduction à l'essence de la mythologie. Trad. par H.E.DEL MEDICO. Payot, Paris, 1953.
8 C.G.JUNG: Psychologie du transfert. Trad. par E.PERROT. Albin Michel, Paris, 198O, p.36. GW, 16, par.375.
9 Idem, p.13O. GW, 16, par.474.
1O Idem, p.1OO. GW, 16, par.452.
11 C.T.FREY-WEHRLIN: "Probleme der Traumdeutung" (Problèmes d'interprétation des rêves), in: Traum und Symbol, édité par C.A.MEIER. Rascher Paperback, Zürich, 1963, p.84.
12 C.T.FREY-WEHRLIN: "Tiefenpsychologie und Ethik" (Psychologie des profondeurs et éthique), in: Zeitschrift für evangelische Ethik, 4, 1971, p.2O3-2O4.
13 C.T.FREY-WEHRLIN: "Behandlung chronischer Psychosen" (Traitement des psychoses chroniques), in: Analytische Psychologie, 9, 1978, pp.132-138.
14 C.T.FREY-WEHRLIN: "Supervision - ein Konzept und sein Schatten" (Supervision - un concept et son ombre), in: Analytische Psychologie, 13, 1982, pp.238-249.
15 C.T.FREY-WEHRLIN: "'Wie war zu Köln es doch vordem...' Fortschritte in der klinischen Psychotherapie?" ("Comment était-ce à Cologne dans le temps..." Progrès en psychothérapie clinique?), in: Analytische Psychologie, 14, 1983, pp.186-2O3.
16 B.PASCAL: Pensées et opuscules. Edition de L.BRUNSCHVICG. Classiques Hachette, Paris, 1957, pensée n°72.
17 C.T.FREY-WEHRLIN: "Widerstand und Anpassung. Die Analytische Psychologie und die Institutionen" (Résistance et adaptation. Psychologie analytique et institutions), in: Analytische Psychologie, 24, 1993, pp.288-3O1.
18 C.T.FREY-WEHRLIN: "Akedia. Phänomenologie, Deutung und Therapie einer kollektiven Depression im Rahmen einer Jungschen psychotherapeutischen Klinik" (Acédie. Phénoménologie, interprétation et thérapie d'une dépression collective dans le cadre d'une clinique psychothérapeutique jungienne), in: Gorgo.Zeitschrift für Archetypische Psychologie und bildhaftes Denken, 11, 1986, pp.65-79.
19 H.M.LOHMANN (éditeur): Das Unbehagen in der Psychoanalyse. Eine Streitschrift. (Le Malaise dans la psychanalyse. Un pamphlet). Qumran, Frankfurt-Paris, 1983.
2O C.T.FREY-WEHRLIN: "Widerstand und Anpassung", op. cit.
21 C.G.JUNG: Mysterium Coniunctionis, op.cit., I, p. 218. GW, 14/I, par.2OO.


Lic.phil.& lit. Antoine Pinterovic

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MessageSujet: Re: Pinterovic'-LA CONIUNCTIO OPPOSITORUM - OU LA VOGUE EPISTEMOLOGIQUE D'UNE TRES VIEILLE METAPHORE   Mar 24 Nov - 12:06

Oui cela me rejoint totalement, je crois que le processus d'individuation est alchimique ;

citation : C'est situer d'emblée la connaissance humaine non seulement dans le cadre d'une épistémologie dialectique, mais aussi dans celui de l'image archétypique de l'union des opposés qui seule puisse garantir, à ses yeux, un progrès véritable de la connaissance.


Dans mes rêves les 2 symboles qui reviennent :

D'abord l'ours :

Pourquoi l'ours a-t-il disparu de notre tradition :

D'abord il est resté comme "le père", "l'ancêtre", le totem, car le roi, dans les sociétés anciennes, est celui qui assure la descendance, il a d'ailleurs droit à plusieurs femmes pour être sûr d'avoir beaucoup d'enfants. L'ours, est comme le lion, un animal patriarcal qui tue les enfants des autres mâles lors qu'il récupère quelques femelles.
Ce mythe du Père est resté chez les Indiens d'Amérique, dans les Pyrénées (où on dit « ne tire pas sur l'ours car c'est ton père ! », et ça et là de façon sporadique et discrète. En fait, au Moyen Age, il s'est fait détrôné par le lion. Le lion est son équivalent auprès des peuples qui n'ont pas connu la chasse dans les neiges des dernières glaciations. La symbolique du lion a été rapportée des croisades. L'ours perdait de sa crédibilité, il rappelait trop un combat ancien d'avant le christianisme. Les prêtres païens ayant disparu, le pouvoir spirituel et le pouvoir temporel étant bien partagé (dans la théorie bien sûr) dans une association très efficace, ces vieilles histoires n'avaient plus cours.

Ensuite le chien :

http://www.arbre-celtique.com/encyclopedie/chien-869.htm

Donc ici dans mon analyse, je prends ces 2 archétypes en tant que les opposés. Et le Soi dialecte avec eux :

Je fuis l'ours parce que je ne veux pas l'affronter, je le crains, je ne veux pas qu'il m'approche, qu'il entre dans mon refuge...je ne veux pas parce que si ça se trouve, de l'affronter signifie que je dois le tuer.

Le loup, le chien lui est le guerrier héros qui veut tuer l'ours.
Il cherche à le faire mais ne sait pas comment s'y prendre, il use de stratégie, il se transforme en bête féroce et menaçante, pour empêcher l'ours de m'attraper, il est mon gardien.

Ça c'est dans mes rêves, maintenant dans la réalité, je suis une enfant battue, mon père a été violent avec moi entre 6 et 12 ans. Ce qui fût déterminant dans ma vie future, pour ma relation avec "les hommes". C'est non sans effort que j'arrive aujourd'hui à accepter d'avoir un dialogue avec mon père et ce après plusieurs années de thérapies.

La petite fille en moi, l'enfant blessée, a peur de tuer l'ours, le guerrier, mon chien de garde, mon loup veut le faire pour elle. J'y verrais à la fois l'union et la confrontations des opposés.

Qu'en dis-tu ?
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MessageSujet: Re: Pinterovic'-LA CONIUNCTIO OPPOSITORUM - OU LA VOGUE EPISTEMOLOGIQUE D'UNE TRES VIEILLE METAPHORE   Mar 24 Nov - 14:03

Coucou,

Citation :
Oui cela me rejoint totalement, je crois que le processus d'individuation est alchimique ;

Je dirais comme l'alchimie Wink.

Citation :
citation : C'est situer d'emblée la connaissance humaine non seulement dans le cadre d'une épistémologie dialectique, mais aussi dans celui de l'image archétypique de l'union des opposés qui seule puisse garantir, à ses yeux, un progrès véritable de la connaissance.

Il parle là d'une vision de Jung.

Citation :
Dans mes rêves les 2 symboles qui reviennent :

D'abord l'ours :

Pourquoi l'ours a-t-il disparu de notre tradition :

D'abord il est resté comme "le père", "l'ancêtre", le totem, car le roi, dans les sociétés anciennes, est celui qui assure la descendance, il a d'ailleurs droit à plusieurs femmes pour être sûr d'avoir beaucoup d'enfants. L'ours, est comme le lion, un animal patriarcal qui tue les enfants des autres mâles lors qu'il récupère quelques femelles.
Ce mythe du Père est resté chez les Indiens d'Amérique, dans les Pyrénées (où on dit « ne tire pas sur l'ours car c'est ton père ! », et ça et là de façon sporadique et discrète. En fait, au Moyen Age, il s'est fait détrôné par le lion. Le lion est son équivalent auprès des peuples qui n'ont pas connu la chasse dans les neiges des dernières glaciations. La symbolique du lion a été rapportée des croisades. L'ours perdait de sa crédibilité, il rappelait trop un combat ancien d'avant le christianisme. Les prêtres païens ayant disparu, le pouvoir spirituel et le pouvoir temporel étant bien partagé (dans la théorie bien sûr) dans une association très efficace, ces vieilles histoires n'avaient plus cours.

L'exploration symbolique peut être intéressante Smile.

Citation :
Ensuite le chien :

http://www.arbre-celtique.com/encyclopedie/chien-869.htm

Donc ici dans mon analyse, je prends ces 2 archétypes en tant que les opposés. Et le Soi dialecte avec eux :

Je fuis l'ours parce que je ne veux pas l'affronter, je le crains, je ne veux pas qu'il m'approche, qu'il entre dans mon refuge...je ne veux pas parce que si ça se trouve, de l'affronter signifie que je dois le tuer.

Le loup, le chien lui est le guerrier héros qui veut tuer l'ours.
Il cherche à le faire mais ne sait pas comment s'y prendre, il use de stratégie, il se transforme en bête féroce et menaçante, pour empêcher l'ours de m'attraper, il est mon gardien.

Oui c'est une exploration intéressante, ça fait sens pour toi ?
Ce que je te propose, c'est d'explorer ces rêves comme pour Claire. Qu'en penses tu ?


Citation :
Ça c'est dans mes rêves, maintenant dans la réalité, je suis une enfant battue, mon père a été violent avec moi entre 6 et 12 ans. Ce qui fût déterminant dans ma vie future, pour ma relation avec "les hommes". C'est non sans effort que j'arrive aujourd'hui à accepter d'avoir un dialogue avec mon père et ce après plusieurs années de thérapies.

Reçois toute ma compassion et mon soutien. Je salue tout ton parcours, je m'incline devant ta force de traverser.

Citation :
La petite fille en moi, l'enfant blessée, a peur de tuer l'ours, le guerrier, mon chien de garde, mon loup veut le faire pour elle. J'y verrais à la fois l'union et la confrontations des opposés.

Qu'en dis-tu ?

Je trouve cela intéressant et ce qui compte, à mon sens, c'est que ça fasse sens pour toi Smile

Biz
Alex

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MessageSujet: Re: Pinterovic'-LA CONIUNCTIO OPPOSITORUM - OU LA VOGUE EPISTEMOLOGIQUE D'UNE TRES VIEILLE METAPHORE   Mer 25 Nov - 0:23

Merci Alex,
J'apprécie ta compassion à mon égard, ta sollicitude me touche beaucoup.
Comme pour Claire ? Quelle est donc cette proposition d'exploration, peux-tu me guider sur le sujet ?

Au plaisir,
Bien à toi,
Nathou
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MessageSujet: Re: Pinterovic'-LA CONIUNCTIO OPPOSITORUM - OU LA VOGUE EPISTEMOLOGIQUE D'UNE TRES VIEILLE METAPHORE   Mer 25 Nov - 0:41


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MessageSujet: Re: Pinterovic'-LA CONIUNCTIO OPPOSITORUM - OU LA VOGUE EPISTEMOLOGIQUE D'UNE TRES VIEILLE METAPHORE   Jeu 11 Fév - 19:31

Citation :
"Je plaide pour le camouflage! Couvrons-nous de la cape statistique, puisque cela nous aide à survivre sans renoncer à notre objet le plus important! Dans une confrontation directe, nous n'avons pas la moindre chance. Donc: retirons-nous à l'arrière-plan, mais jouons en surface le jeu de tout le monde! Nous ne sommes tout de même pas si dépourvus d'atouts que cela."

Adaptation et résistance, poursuit-il: nous avons besoin des deux, mais suivant une hiérarchie secrète: l'adaptation au service de la résistance.

Jung
Autrement dit la persona et le moi au service de l'âme, c'est exactement ce que je fais au boulot et c'est très daïmonique !

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MessageSujet: Re: Pinterovic'-LA CONIUNCTIO OPPOSITORUM - OU LA VOGUE EPISTEMOLOGIQUE D'UNE TRES VIEILLE METAPHORE   Ven 12 Fév - 9:03

Salut, bonjour,
Alex, contente de te lire ! *Bises* La citation :
Oui tout à fait c'est une adaptation au combat intérieur, comme dans mon rêve par exemple, je n'ai pas le souvenir de l'avoir tué (l'ours) mais il n'est jamais revenu après que j'ai réglé certaines choses importantes dans ma vie.
À chaque fois que j'ai rêvé à l'ours, je me sauvais de lui ou je me cachais, même une fois il était de l'autre côté de la porte et j'étais allongée sur le plancher et poussait sur la porte avec mes jambes, les pieds à plat sur la porte, couchée sur le dos. Je refusais totalement de le confronter! Je me suis rendu compte plus tard que c'est moi que je refusais de confronter, l'ours n'est jamais revenu dans mes rêves par la suite.
Attention, d'autres animus sont apparus et je ne dis pas que tout fût réglé dans ma vie, mais ce fût le départ pour un long voyage autour de moi-même.
Bien à toi,
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MessageSujet: Re: Pinterovic'-LA CONIUNCTIO OPPOSITORUM - OU LA VOGUE EPISTEMOLOGIQUE D'UNE TRES VIEILLE METAPHORE   Ven 12 Fév - 12:45

Merci pour ton partage Wink

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