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| | Hillman- Le mythe de la psychanalyse (citations) | |
| | Auteur | Message |
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Invité Invité
 | Sujet: Hillman- Le mythe de la psychanalyse (citations) Sam 26 Sep - 9:05 | |
| J'ai fini de lire ce livre, tout simplement passionnant! je vous propose le résumé du livre en ayant recopié les principales notions. |
|  | | Invité Invité
 | Sujet: Re: Hillman- Le mythe de la psychanalyse (citations) Sam 26 Sep - 9:08 | |
| Le mythe de la psychanalyse
James hillman
1972
touché par la détresse des dépressions, des symptômes et des désirs obsédants, me voilà confronté à la preuve irréfutable de l’autonomie des forces psychiques
quelque chose vit en moi, irréductible à ma volonté
ce démon qui s’exprime par les rêves, les passions et les souffrances, ne veut pas lâcher prise et je suis forcé de reconnaître sa valeur afin d’approfondir l’idée courante que je nourris sur moi-même et de doter mon esprit d’un sens de l’âme et de la mort
l’analyse est une procédure créatrice de mythes, voire une procédure mythique
réalisation de l’âme et formation du mythe sont en étroites relation
si l’analyse est une mise en scène, il convient d’avoir un récit de ce rite : un mythe
la misogynie semblerait inséparable de l’analyse, n’étant à son tour qu’une manifestation tardive du moi occidental, protestant, scientifique et apollinien
cette structure de conscience n’a jamais su que faire de la part obscure, matérielle et passionnée d’elle-même, si ce n’est la rejeter en l’appelant ève
nous en sommes venus à exprimer lumineux par conscient ; cette lumière est inconcevable pour cette conscience sans une autre face maternelle, inférieur et opposé, nommé la femme
l’analyse ne peut finir si ce type de conscience ne touche à son terme et ne débouche sur une autre structure archétypique offrant une lumière plus sombre et plus douce, fondée sur d’autres mythes moins héroïques et moins apolliniens, plus dionysiaques, où le féminin et l’inférieur sont inhérents à la conscience et ne la menacent pas
nous parviendrons avec un tel changement, à la fin de la névrose, qui imposa la féminité et l’infériorité à la conscience
la névrose compense la structure supérieure et exclusivement masculine à laquelle nous identifions la conscience
mais si la conscience change, non seulement la névrose reconnue comme sa contrepartie finira, mais il en sera de même pour l’analyse, qui naît comme une réponse à la névrose
l’analyse s’effondre, entraînée par la chute de ses trois piliers : le transfert, l’inconscient et la névrose ; mieux nommés selon la perspective mythique :l’érotique, l’imaginal et le dionysiaque
modèle = pattern
en choisissant le mythe oedipien, freud ne nous a pas tant dit quel mythe constituait l’essence de la psyché mais plutôt que le mythe est l’essence même de la psyché, que notre travail est mythique et rituel et que la psychologie est en fin de compte de la mythologie, l’étude des histoires concernant l’âme
en prenant un exemple grec, freud montre qu’une différenciation psychologique de la conscience nécessite celle de l’inconscient, telle que la culture mythologique grecque l’a exprimé de façon aussi varié qu’élaboré
mais l’histoire qu’il nous a racontée a laissé derrière elle de très fâcheux souvenirs : le meurtre du père, les guerres entre les générations, les envies d’inceste non résolues, la déformation féminine dans le moule de jocaste, l’anima devenue énigme intellectuelle dans un corps de monstre
il est possible que le mythe oedipien n’ait de signification que pour une certaine phase, une phase primitive et malade de la métamorphose de notre vision de l’âme, et qu’à l’instar de la conception médicale elle-même, ce mythe ne fasse que prolonger le caractère pathologique de notre conception de la psyché
sous prétexte que la psyché se dissimule sous la maladie et l’ignorance, on prétend la guérir ou lui apporter un enseignement
jung tient les instincts pour plus archaïques, antérieurs et extérieurs à la psyché (ectopsychiques) et caractérisés principalement par leur caractère compulsif
l’instinct est donc sujet à être psychisé, c’est-à-dire qu’il peut être modifié selon et par diverses structures psychiques
jung présente l’instinct en termes de modèles de comportements à organisations stables ; ils sont caractérisés par la compulsion et le déclenchement automatique en vue de leurs satisfactions spécifiques
la psyché peut domestiquer leur caractère compulsif (ou les intensifier), en retarder le déclenchement ou modifier les objets de leur satisfaction
5 groupes instinctuels fondamentaux : la faim, la sexualité, le besoin d’activité, la réflexion et enfin l’instinct créateur
l’instinct créateur c’est la pulsion du soi vers sa réalisation
nous sommes poussés à devenir ce que nous sommes
le processus d’individuation est une dynamis
l’instinct créateur est cette immense énergie qui vient d’au-delà de la psyché humaine et qui pousse l’individu à se consacrer à une œuvre à l’aide d’un quelconque moyen d’expression
la créativité impose que l’on se consacre à sa propre personne en devenir
notre rapport à la créativité engendre une attitude religieuse
notre expérience de la poussée vers l’individuation est difficile à distinguer de celle des dieux immanents dans leur rôle de créateur
car les dieux aussi sont ectopsychiques, au-delà de l’âme, ne lui étant pas tout à fait consubstantiels, ni entièrement en elle
les dieux créateurs sont aussi les dieux destructeurs
la force instinctuelle ectopsychique , parce qu’elle vient d’au-delà de la psyché, est plus qu’humaine et plus puissant que son détenteur
celui qui la possède est en fait sans cesse menacé de possession
opérant comme une pulsion, cette force est toujours excessive
on passe sa vie à essayer de la freiner car l’impatience est le démon destructeur qui se trouve au sein même de la pulsion créatrice
le suicide reste toujours un danger fondamental de la créativité psychologique inversée car la destruction de l’âme en est la contrepartie
la perte d’un partenaire, d’un enfant, d’un parent, la fin d’une liaison peuvent laisser à l’âme la liberté de se recréer ou de se détruire
il nous faut admettre que la réalisation de l’âme implique également sa destruction
une analyse entreprise dans le but de faire naître l’âme ne peut éviter d’être une aventure dans la destruction
l’analyse est synonyme de mort
l’alchimie nous propose une série d’images pour décrire les aspects meurtriers de l’œuvre : mortification, sacrifice, torture et démembrement
ce qui construit, démolit en même temps
lorsque l’analyste ne voit pas que son travail s’il fait naître l’âme la détruit également, cette destruction s’accomplit de manière invisible, inconsciente et se trouve projetée à l’extérieur, ailleurs
l’analyste peut s’en sortir indemne en attribuant la responsabilité au transfert négatif, non résolu ou détruit
les relations offrent des réceptacles à la folie
plus elles s’approfondissent, plus elles peuvent contenir
elles offrent des lieux de sacrifice et de protection contre l’aspect destructeur du créatif
lorsqu’on néglige ces canaux les archétypes gagnent brusquement le devant de la scène, sous forme d’un besoin créateur-destructeur primordial, l’homme est poussé au désespoir et au démembrement, et le soi dans un processus psychotique
jung a appelé l’intuition que l’instinct a de lui-même , archétype ou image primordiale
le moi tire son origine de l’opposition aux dieux
le moi vole sa lumière de la lumen naturae et s’élargit non pas aux dépens des ténèbres primordiales d’où la lumière ne peut sortir, mais de la lumière plus faible, bien que d’inspiration divine, propre à l’enfance et qui dispense émerveillement, imagination et symbolisation naturelle de l’esprit
la créativité qui passe par le moi est nécessaire mais elle constitue un vol, un péché, une chute luciférienne
lorsque la conscience globale est privée de sa lumière, le monde primordial se trouve plongé dans l’obscurité, l’humain séparé du divin, et la souffrance devient le lot du moi
la lumière du moi doit être sauvegardée
jung a limité l’anima à la psychologie des hommes
la créativité psychologique ne se limite pas aux hommes et l’archétype de l’anima n’est pas une prérogative masculine
la créativité psychologique ne sera-t-elle pas en rapport avec la mise au monde de l’âme ou de la psyché par l’anima ?
anima et psyché sont traditionnellement féminines
jung définit la psyché comme la totalité des processus psychiques, la subjectivité intentionnelle de cette totalité étant le Soi
l’âme est un ensemble complexe qui joue le rôle de figure médiatrice entre la totalité de la psyché, qui est en grande partie inconsciente, et le moi courant
l’image de l’âme en tant qu’opposée au moi courant , est contresexuelle ; elle est donc féminine chez l’homme, anima
cependant l’âme ne se réduit pas à la simple féminité inconsciente de l’homme
elle offre des aspects plus larges qui touchent aux problèmes de perte d’âme, d’immortalité et de rédemption, de vitalité humaine, de sacré et de relation, et qui évoquent aussi l’anima mundi cosmique, l’âme universelle
l’âme présentera tous les aspects négligés par la persona
si l’anima est la voie vers la psyché, les expériences que l’on en a constitueront une initiation à la créativité psychologique
jung parle en effet de l’anima comme de la voie qui mène à la totalité psychique, et à la conjunctio avec le principe féminin répétée à différents stades de développement
cela ne signifie pas seulement que l’anima fait émerger l’autre côté, qu’elle entretient une relation particulière avec le Vieux Sage, étant sa fille, et que le chemin vers la sagesse et le sottise de l’humanité masculine tout entière passe par elle
cela doit aussi vouloir dire qu’au début du processus, l’anima est la psyché elle-même
l’anima, dans les rêves de l’homme, est parfois, l’attirante jeune fille qui parle une langue étrangère, vient de quelque culture païenne et l’entraîne dans un passé historique ; de telles figures apparaissent excitent érotiquement le rêveur puis disparaissent
l’anima résiste à toutes les approches analytiques : une seule voie semble s’ouvrir : la voie érotique
l’homme se doit d’aimer son âme
l’anima se transforme en psyché à travers l’amour, et c’est l’éros qui engendre la psyché
la créativité est un accomplissement de l’amour
nous considérons les blessures de l’enfance moins comme le résultat de traumatismes nutritifs et sexuels que comme des blessures d’amour |
|  | | Invité Invité
 | Sujet: Re: Hillman- Le mythe de la psychanalyse (citations) Sam 26 Sep - 9:10 | |
| nous les ressentons comme un abandon : ce qui nous est le plus intime (l’âme) est privé d’amour, nous-mêmes sommes livrés à l’emprise du désir, et notre être s’est gonflé d’amour dont personne ne veut, privé de réceptacles adéquats ou autorisés
les blessures d’amour entravent la croissance de la psyché, transformant la faiblesse et la simplicité naturelles de ce stade juvénile en un besoin de protection infantile
elles peuvent être guéries par ce que l’amour à d’enfantin
freud se trompe en considérant l’enfance sur un plan fondamentalement sexuel
la conception freudienne dont Lucrèce fut un précurseur, fait dériver l’amour de la sexualité
chez Platon Eros est dès le départ une énergie spirituelle et ne peut que chuter alors que chez freud, il est sublimé et élevé
l’éros et le phallus seraient réductibles au pénis
l’erreur freudienne est l’illusion que la sexualité se ramène à la sexualité proprement dite, que le phallus se limite au pénis
l’énigme phallus-pénis a longtemps préoccupé la psychologie et ce trouble durera parce qu’elle est un mystère essentiel de la psyché, et pas simplement un problème psychologique délicat
la révélation de cette énigme est au cœur de l’initiation et des mystères réservés aux hommes et aux femmes
l’initiation, comme transformation de la conscience de la vie, entraîne nécessairement une transformation de la conscience de la sexualité
l’absence d’initiations et de mystères dans notre culture est dans une large mesure responsable de notre obsession de la sexualité, du fait qu’elle soit incomprise et de la psychisation défectueuse de sa nature variée, et donc des immenses difficultés que nous éprouvons face à l’identité érotique
la nature variée de la sexualité, la plasticité souvent notée de l’instinct, ainsi que sa contamination facile par l’oralité, l’agressivité et la créativité signifient que la sexualité n’est jamais une et identique
non seulement celle-ci se modifie selon les stades de développement mis en lumière par freud, mais en tant qu’instinct, elle peut être psychisé à travers l’ombre , la mère, l’enfant, l’anima/animus, etc offrant une multiplicité de perceptions de sa propre nature
la notion freudienne de génitalité adulte n’est au mieux qu’une explication de l’instinct sexuel perçu à travers l’archétype du père
la sexualité change, au même titre que les dieux qui en portent le signe (le phallus-pénis) et passe par différentes phases
l’initiation nous fournirait des modèles mythiques de psychisation de cet instinct ; en l’absence de ce rite, nous comprenons mal et rationalisons nos fantaisies sexuelles, et devenons victimes de nos complexes
amour et sexualité ne sont pas identiques
il y a un éros qui omet le sexuel (platonique), tout comme il existe une sexualité sans éros
le développement de la psyché chez l’homme comme chez la femme commence quand on cesse de servir le seul principe de l’amour féminin pour y joindre l’éros masculin
nous pouvons comprendre l’envie du pénis chez la femme comme une envie d’éros
l’équation freudienne , pénis=enfant est juste lorsque enfant signifie éros, l’enfant fils-amant, la masculinité créatrice nouvelle indispensable à la créativité féminine
éros n’est pas fonction de psyché, pas plus que l’éros que nous pouvons connaître n’est une composante de notre individualité humaine, située à l’intérieur de notre inconscient
éros n’est jamais nôtre ; c’est lui qui nous possède
l’amour est-il un dieu, un démon ou une passion ? demande Plotin
s’il est une passion, nous avons psychologisé le dieu
éros dans le contexte de la conscience grecque semble être une figure de la métaxie, région intermédiaire qui n’est ni divine ni humaine, mais qui correspond au principe des intéractions
on peut imaginer l’éros comme une fonction opérant entre et parmi les dieux, à la conceptualiser en tant que consubstantiation, unité des dieux entre eux et participation à l’humain
éros relie l’individuel à ce qui le dépasse, et ramène cet au-delà dans l’expérience personnelle
il conduit, comme psychopompe, l’âme vers les dieux et lui apporte un peu de lueur et de sublime horreur ; car nous aimons pour le meilleur et pour le pire
cette métaxie se définirait comme le domaine de la réalité psychique qui s’étend d’un côté jusqu’à l’éros spirituel cosmogonique et de l’autre, jusqu’au physique et au phallique
éros en tant qu’intermédiaire, crée son propre espace psychique, son propre monde entre-deux, grâce à une forme particulière d’interférences ou d’interventions psychiques qui interrompt, réoriente et symbolise le comportement, quelquefois en pleine action ou même avant que le modèle ne passe dans la vie
entre l’impulsion et l’action intervient le temps
l’action directe est entravée, et devient indirecte et imaginative
par ce développement de l’espace intérieur, du temps et de l’imagination, l’univers psychique devient réel
la lumière naît
selon Dodds , l’intervention psychique dans l’épopée homérique était attribuée à une âme occulte, un daimon
le daimon provoque un changement abrupt du modèle de comportement et fournit en même temps une raison consciente ou un récit verbal
le daimon se situait dans, ou se manifestait par le thymos (ressenti dans la poitrine ou le diaphragme), siège de la conscience émotionnelle
on pouvait converser avec lui
le double aspect du démon/daimon qui peut provoquer un modèle de comportement et l’inhiber se rencontre déjà chez homère ; où le porteur et immortel protecteur de la destinée individuelle, l’esprit tutélaire ou daimon, semble être inextricablement lié à l’âme animale
on trouve des prolongements de cette conception tout au long de l’œuvre de Platon
selon Dodds, la distinction entre ces deux aspects (la bête irrationnelle et le daimon qui la contrôle) ne provoque que faille et rupture et ne décrit pas correctement l’homme empirique, en qui ils constituent deux composantes d’une seule force naturelle
impulsion démonique et daimon font partie du même spectre, comme les pôles construction/déconstruction de créativité et on ne peut jamais savoir quel aspect est le démonique et lequel est le constructif
la présence d’un seul signifie que l’autre manque
inhibition et désorientation font autant partie de l’éros que la destruction fait partie de la créativité
la conscience ne peut échapper à l’ambivalence de ses origines
pour Platon, Eros était un daimon comme Psyché
si ce daimon n’est autre que le principe érotique, alors Eros est le dieu de la réalité psychique, le seigneur de la psyché, le principe créateur qui engendre l’âme et fait figure de protecteur du champ psychologique
le logos apparaît comme daimon inhibiteur avec qui le dialogue est possible, qui agit en spiritus rector et fait preuve d’une tendance à l’élévation
mais dans le paradoxe de la créativité, le logos s’exprime fondamentalement dans le substrat mythique où Psyché et Eros sont eux-mêmes immergés
le logos crée le monde sous la forme d’une histoire
c’est l’éros plutôt que le logos qui crée la psyché
Eros est le canal de la connaissance vraie
Pulsion et inhibition sont jumeaux et se manifestent dans les rites, les jeux, les modèles d’accouplement, de nourriture et de combat
Il existe pour chaque acte accompli sous la poussée de l’instinct une élaboration parallèle de danse, de jeu, d’ornementation ; une respiration qui freine, accroît la tension et permet aux possibilités imaginatives et aux formes esthétiques de se développer
Il se forme des modèles de comportement, agréables et détournés, tempérant les pulsions des mécanismes innés qui tendent vers leur satisfaction directe en relation avec l’objet-stimulus
Ce n’est pas un éloignement par rapport à l’objet ; c’est plutôt une avancée continue vers lui, mais de façon détournée et selon un autre rythme, qui maîtrise la pulsion tout en la satisfaisant de manière différente
La conscience ne nous dit pas ce que nous devons faire mais ce que nous ne devons pas faire
Elle dit non
La culpabilité procède de cette voix intérieure
Le daimon est le porteur véritable de la culpabilité
Eros guide l’âme, mais non pas au sens freudien d’instinct de vie séparé et opposé à Thanatos
Il est aussi un visage de Thanatos
Il porte la mort en lui-même (la composante inhibitrice qui retient la vie) et mène la vie au cœur du royaume psychique invisible au-delà de sa plus simple expression
C’est le daimon qui opère les effets en autrui
L’éveil de la psyché dépend entièrement du daimon érotique
Démon et daimon ne font qu’un ; si nous réprimons la pulsion , nous perdons aussi contact avec la voix-guide du daimon
L’amour attise la peur (phobos)
Thanatos et Eros ne sont pas si différents l’un de l’autre que Freud voudrait nous le faire croire
L’éros apparaît au niveau le plus profond de la peur ; il se manifeste dans les copulations frénétiques en temps de terreur et de guerre ou dans les cauchemars érotiques provoqués par Pan
La peur semble être une nécessité inhérente à l’expérience de l’éros ; là où elle est absente, on peut à bon droit douter de la pleine validité de l’amour
L’instinct contient son autorégulation et l’éros son propre daimon
La pulsion est frainée par les sages conseils de la peur qui élabore et ritualise
Si le daimon est dédaigné, la pulsion est bloquée au moyen de la névrose et du symptôme
Eros produit des symboles
Eros est fou, menteur, tyran lorsque celui-ci n’a pas été intégré par la psyché, qu’il est encore capricieux et possédé par le complexe maternel
Il dépend alors principalement d’une anima immergée dans de fausses valeurs et incapable de fournir un vase adéquat pour contenir sa force créatrice
La tendance destructive étant un des pôles de l’instinct créateur, le développement psychique passe par des expériences prolongées de destruction érotique
Sans rapport avec la destruction érotique, la psyché reste vierge
Nous avons discuté de cette virginité à propos des symptômes hystériques, de l’hyperféminisation d’une psyché qui se débat encore pour sortir de la chrysalide de l’anima
Mais la psyché vierge n’est pas seulement identique à l’anima
Elle est surtout marquée par un déplacement de libido instinctuelle, si bien que le créatif est rendu impuissant et son rôle usurpé par d’autres pulsions, principalement par la réflexion
La fascination pour les rêves et les visions est révélateur d’une psyché vierge, au bord de la découverte, mais à l’état de miroir |
|  | | Invité Invité
 | Sujet: Re: Hillman- Le mythe de la psychanalyse (citations) Sam 26 Sep - 9:11 | |
| Les drogues hallucinogènes peuvent déclencher à volonté le spectacle de paysages intérieurs qui ne sont pas créateurs ; ce ne sont que des images en miroir jusqu’au moment où ils franchissent le seuil de l’implication érotique
L’éros est le facteur d’intégration qui relie, maintient ensemble et unit les opposés
L’amour est une voie vers la psyché inconsciente, aussi royale que celle du rêve ou du complexe
On ne peut parvenir seul à la connaissance de soi
La souffrance : une autre caractéristique d’une psyché sans éros
La psyché est torturée par l’amour
La torture de l’âme semble inévitable dans toute liaison étroite et le transfert n’en est qu’un exemple
Pour que notre psyché s’unisse légitimement au créatif et mette au monde saintement le fruit qu’elle porte, il nous faut de toute évidence prendre conscience à la fois de notre situation primordiale de perte d’amour par la trahison et la séparation, et de notre rapport faux à l’éros
Jung écrit : l’amour transmue peur et pulsion en un type de sentiment plus élevé et plus libre
L’amour , parce qu’il s’unit à l’âme, triomphe de la pulsion
Le mythe met la souffrance à sa place ; mais il ne s’agit plus comme dans le cas d’Œdipe d’une souffrance aveugle et tragique, ni de l’endurance du héros dans le ventre de la baleine
Ici, la souffrance est en rapport avec l’initiation, avec la transformation de la structure de la conscience
La névrose devient une initiation, l’analyse un rituel, et le processus de développement de notre psyché et de notre éros, qui entraîne leur union, devient un mystère
Eros est né de Chaos, ce qui implique que la créativité peut naître à tout moment chaotique
De plus il tend à retourner à ses origines, recherche le chaos pour y être revivifié
Chaos et créativité sont inséparables
Creux, vide et lacune qualifiant aussi le chaos, l’éros a une prédilection pour les trous psychotiques de la psyché, pour son aspect informe, son incomplétude et sa désespérance
Les images de blessures dans les rêves et les fantaisies peuvent être interprétées comme les creux d’où jaillira l’éros
Eros est toujours quelque peu psychotique et psychopathe : l’amour doit nous rendre fou
Si pour Platon l’érotique peut constituer une forme de mania, de folie, il embellit également
La beauté est le premier attribut qui attire Eros vers Psyché
Il fallait négliger la beauté car selon le modèle oedipien, elle est régressive, sexuellement séductrice, à la façon de Jocaste
Le transfert se produit toutes les fois qu’une relation profonde agit comme un facteur de réalisation de l’âme ; comme tel c’est une nécessité de la vie psychique
Jung le reconnut
Le transfert est à la fois le début et le fin de l’analyse
Un individu n’éprouve plus d’intérêt pour l’analyse quand il comprend ce qu’il était venu chercher : il s’agissait de trouver l’âme pour son éros et l’amour pour sa psyché
A l’origine le transfert ne signifiait que des rééditions de conflits antérieurs par lesquelles le patient s’efforce de se comporter comme il se comporta la première fois
A présent, on le définit dans les limites assignées par le médecin et par rapport à sa personnalité
Toutefois si l’analyste travaille à partir du modèle suivant : la mise au monde de l’âme par l’amour, il nous faut admettre que ce qu’il y apporte, le contre-transfert, est en fait antérieur au transfert
L’analyste part de la position définie par le daimon de son désir qui est à la fois de procurer la santé à la conscience, l’imagination et la beauté à la vie de l’âme et de consteller, par sa psyché, l’éros de l’autre
Ce n’est plus sur l’analyste que sont transférées les projections ; c’est plutôt l’analyste qui transfère les intentions du mythe de la conjunctio sur l’analysé qui , d’emblée, a tendance à contrer les effets de l’analyste
Cela constitue la névrose de transfert, résistance qui, lorsqu’elle n’est pas clairement familiale mais dans la majeure partie similaires à notre mythe, forment bien l’alpha et l’oméga du travail créateur
On a depuis longtemps reconnu dans le transfert une demande d’amour ; mais cette quête fut généralement située par la psychanalyse dans le contexte trop personnel du problème familial et des besoins individuels
Le besoin d’amour n’est donc jamais entièrement admis
Cela est due au fait que cette demande impossible est tenue pour avoir comme racine le désir incestueux
Mais en fait je reste bloqué dans mon transfert jusqu’à ce que mon daimon se soit enflammé et je conserve le désir légitime de l’étincelle de l’éros de l’autre, nécessaire à mon propre développement
Moins l’autre peut révéler son éros, plus grande sera mon exigence
Il faut que ma propre impulsion à l’individuation, mon désir de psyché soit allumé
Seul cet amour de la psyché peut résoudre un transfert immobilisé
Eros n’a pas de passé, il fait partie des dieux, conçu comme perpétuellement jeune et perpétuellement renouvelé
L’anima au contraire, a des niveaux de cultures qui remontent l’histoire et plongent dans la nature
Le transfert se poursuit souvent péniblement pour la même raison qu’il freine le travail : l’anima alimente la résistance inhérente à la nature conservatrice et à la culture traditionnelle
Nous avons parlé de la psyché comme miroir, de l’anima comme esprit féminin lunaire, dont la réflexion diffère de l’action du daimon qui incite à la prudence au sein de l’impulsion érotique
Le daimon inhibe la pulsion mais ne la reflète pas
L’instinct préféré de l’anima est réflexif
Le recul et l’éloignement de la reflexio apparaissent dans l’image de la timide, virginale et fuyante héroïne du conte de fées et du mythe
Grâce à la réflexion, la psyché, étant déjà enracinée dans un contexte historique, apporte la culture à l’éros
Le processus qui se déroule au cours d’une analyse transfère la culture sur la pulsion et parfois vice versa
On donne à tort à ce processus culturel le nom de sublimation
La sublimation implique la transformation de l’inférieur en quelque chose de supérieur ou de plus beau
Nous ne faisons que reconnaître l’existence de l’arrière-plan objectivement historique et culturel de la psyché, où l’impulsion créatrice se reflète
La psyché filtrera cette impulsion, la rendra toujours complexe ; c’est en elle que se forme l’œuvre
La sexualwissenschaft saisit avec justesse la place du sexuel dans l’imaginal, mais ensuite elle réduisit l’imaginal au sexuel
Dans son cas fameux du soleil phallique, Jung avait déjà vu l’importance de l’imaginal dans le sexuel
En cela, il accomplit un pas énorme car sexualité était toujours l’équivalent de sexe
Jung vit que l’instinct possède un aspect imaginal, un facteur mythique, et comprit donc que le sexuel est aussi une activité de l’imagination, une expression psychologique, un des modes d’expression de l’âme
La sexualwissenschaft, en tant qu’union de polarités , le sexuel et le rationnel, omet encore la psyché et néglige donc la signification que les messages sexuels ont pour la psyché
Tous passent à côté du facteur mythique
Nommer change la chose nommée
L’union entre éros et souffrance est un phénomène religieux largement connu
Avec les matérialistes, éros et souffrance et leur union devinrent uniquement plaisir et douleur
De plus, le plaisir était plaisir sexuel , la douleur était douleur physique
Le nouveau terme désignant leur conjonction était une anormalité puisque plaisir et douleur, suivant la définition de la raison, s’excluent mutuellement
Et c’est cette médiocre instrumentation conceptuelle qu’employa la sexualwissenschaft pour appréhender l’éros et la souffrance
Des saints pouvaient à présent être qualifiés de masochistes
L’invention du mot masochiste, comme du terme hallucination, a relégué dans l’ombre une certaine façon dont l’âme est victime du numineux et accepte le pouvoir écrasant du Tout autre
Cette soumission dans la torture et la mortification est paradoxale : elle fait connaître à la fois plaisir et douleur, mais on ne peut la réduire à cela
Dans l’expérience masochiste, douleur et plaisir s’unissent
Le masochisme révèle le pouvoir qu’a la psyché de transcender ses prétendues données fondamentales, le plaisir et la douleur
Supposons que le masochisme soit relié à la mort imaginée comme une libération extatique, comme quelque chose que l’âme désire
Supposons en même temps que le masochisme permette une union de l’âme et de la chair, d’une intensité impossible à atteindre autrement
L’inhabituel devient anormal seulement du point de vue du normal, qui juge en termes de vie
Mais toute expérience doit être interrogée en rapport avec la mort
Les souvenirs que freud recueillit grâce à son traitement par la parole semblèrent au début de pures réminiscences
La mémoire paraissait être le dépositaire d’évènements passés, principalement des évènements traumatisants de l’enfance, mais à y regarder de plus près, il s’avéra que ceux-ci n’étaient que des fantaisies
Dans le monde concret, ils ne s’étaient jamais produits et pourtant ils avaient eu lieu dans la mémoire
Passer d’évènements concrètement réels et vrais à des souvenirs allant bien au-delà de la vie personnelle de l’individu
L’existence de cet au-delà du personnel fut reconnue par certains élèves de freud qui, dominés par leurs préjugés hérités du 19ème siècle , cherchaient à faire remonter génétiquement les souvenirs à la vie fœtale et intra-utérine
Freud appelle cette zone le ça
Mais pour Freud, les phénomènes de la memoria seraient névrotiques, sauf s’ils sont soumis à la volonté ou sublimés par la raison
L’éventualité que l’imagination pourrait posséder ses propres appareils de contrôle n’est pas assez pris en considération
La memoria n’était que le domaine de la régression, du plaisir infantile et irréel
Saint Augustin vit que la memoria, ou l’inconscient collectif, est à la fois dans mon esprit et bien au-delà de moi et de la portée de mon esprit
Le terme inconscient convient pour décrire des états où la conscience est absente : le coma par exemple
Mais utiliser ce mot pour désigner le domaine de l’imaginal, un comportement moralement inférieur ou en-deçà de toute culture, des réactions de libération instinctuelles, et un agent causal qui envoie les rêves et vers lequel on peut se tourner pour obtenir une opinion ; érode les catégories |
|  | | Invité Invité
 | Sujet: Re: Hillman- Le mythe de la psychanalyse (citations) Sam 26 Sep - 9:13 | |
| Le personnifier et le considérer comme sa voix daimonique inhibitrice, son animal totémique ou son familiaris n’est pas simplement superstitieux
De telles habitudes sont sacrilèges, parce qu’elles privent les dieux de leur dû
L’inconscient est un concept, non pas une métaphore
Jung rendit possible une distinction entre l’inconscience aux sens étroits (léthargie, transe, coma, routine et oubli) et l’inconscient dans le sens ancien, memoria
Que l’un et l’autre soient entrelacés est en partie dû à la formation univoque de notre moi
En prenant très au sérieux le moi onirique et en entraînant la conscience à penser symboliquement ou psychologiquement, il tenta de développer un nouveau type de conscience du moi que j’ai appelai, le moi imaginal
Le moi imaginal est plus discontinu, tantôt ceci, tantôt cela, autant guidé par la synchronicité du présent que par le passé causal, se déplaçant selon une trajectoire ouroborique qui est circulation de la lumière et de l’obscurité
Il englobe les tournants descendants, les dépressions, les régressions et les chutes de conscience
Il faut concevoir le mouvement du moi imaginal comme un modèle circulaire et non comme un développement
Le circulaire reçoit encore du vieux moi une description assez pathologique : le retour de ce qui est réprimé, la compulsion de répétition, et les cycles perpétuellement récurrents du complexe de la mère négative
Mais la psyché veut la répétition
Le moi de la volonté et de la raison, s’identifiant lui-même au développement, se sent pris, contraint ou fautif dans la répétition circulaire
Ce moi ancien ne peut participer à ce processus qu’en s’abandonnant, en abdiquant
L’idée d’un moi imaginal donne ce qui se passe en réalité dans la psychothérapie jungienne, où l’adaptation à l’inconscient ou à la memoria se reflète dans le changement de personnalité du moi du sujet analysé
Il y a un fossé entre le moi diurne et le moi nocturne ; ce que nous faisons dans les rêves choque généralement le moi éveillé
Le but du soi n’est-il pas tout simplement d’être humain, un être humain ?
La mode d’une époque fut de prendre le mythe comme une maladie mentale, une sorte de folie primitive infantile qui expliquait les symptômes
A présent on parle de la maladie mentale comme d’un mythe, de quelque chose qui n’est ni vrai ni réel
Pour jung, être débarrassé des complexes serait être débarrassé de la vie
La mythologie est un manuel de psychopathologie : tout y est
La transformation de notre conception du monde exige celle de notre conception du féminin
L’archétype est un phénomène psychoïde dont certains aspects se situent complètement en dehors de la psyché
Aristote nous donna la première argumentation concernant l’infériorité féminine
Dans les écrits des Pères de l’Eglise, la misogynie s’exerce de manière particulièrement virulente sur le corps de la femme
Freud ajoute qu’il se peut que toute libido étant , comme toute pulsion, active, doit être essentiellement mâle
Son envie du pénis ne reflète que sa lacune fondamentale, sa force vitale défectueuse et son infériorité structurelle innée
Quel archétype se trouve derrière l’hystérie ?
Maladie de la matrice, de l’utérus (en grec hystera) l’hystérie ne pouvait exister que chez les femmes
On concevait la matrice comme animée de mouvements propres et peut-être autonomes et donc comme une créature vivante ou animale
L’hystérie résultait du désir animal chez la femme ; c’était une maladie dans laquelle l’animalité autonome dominait l’être humain, séparant la femme de son pneuma, son souffle, la ravalant à la bestialité de sa matrice
On ne cherche plus l’étiologie de la maladie dans des forces sataniques mais dans la matrice, dans la structure féminine elle-même : sa physiologie est défectueuse
La sorcière après tout pouvait être sauvée par Dieu
La foi pouvait restaurer sa féminité
Dionysos est principalement un dieu de femmes, son culte leur étant surtout réservé
Bien qu’il soit mâle, phallique, sa structure de conscience ne comporte aucune misogynie, car elle n’est pas séparée de sa propre féminité
Dionysos est homme et femme en une personne
Il était bisexué
Cette figure de dieu et l’esprit qui l’anime sont en mesure de donner une forme de conscience qui lui permette enfin de s’écarter de la ligne suivie par Adam et Apollon
Dans le changement manifesté par Dionysos, la femme n’est pas ajoutée ou intégrée à l’homme, ce dieu figure plutôt une conscience androgyne
La conjunctio n’y est pas une acquisition mais une donnée
Ce n’est pas un but à rechercher mais une possibilité toujours présente, pour tous
En fait la quête de conjunctio comme dans le cas d’Apollon poursuivant Daphné, porte en elle son propre échec puisqu’elle hyperactive le mâle amenant une régression végétative de la psyché, et Daphné dans le laurier
Rabelais, le premier nous a suggéré que la misogynie avec laquelle les hystériques étaient considérées révélait la présence d’une pulsion dionysiaque dans l’hystérie de plusieurs manières : en se référant à Dodds et en suivant en détail les comparaisons qu’il établit entre les scènes dionysiaques des documents antiques et les descriptions d’hystériques en étudiant les statistiques de Kraeplin, d’après lesquelles l’écrasante majorité des hystériques était constituée de jeunes campagnardes célibataires et travaillant en villes comme servantes (rappelez-vous les femmes de Thèbes que Dionysos écarte de leurs devoirs ménagers)
Freud fait cette déclaration : un symptôme hystérique est l’expression d’une part d’un fantasme sexuel inconscient masculin, d’autre part d’un fantasme sexuel inconscient féminin
Freud laisse donc entendre que le symptôme hystérique est l’expression d’un message émanant d’un archétype bisexué
Dans ce symptôme se trouve préformée la conjunctio
Le symptôme devient une offrande votive, un élément permettant de s’acquitter de sa dette envers la dominante bisexuée, le dieu de sa propre bisexualité
Si l’on conçoit les symptômes comme un sacrifice, ils acquièrent un sens nouveau et gagnent en âme
Un des noms de Dionysos était l’Indivisé, et une de ses représentations principales le montrait en enfant
L’enfantin ne doit pas être écarté, mais au contraire maintenu dans la conscience pour préserver l’un et l’autre à la fois
Une affection psychique ne serait pas séparée de son propre potentiel de guérison, qui se constelle dans la souffrance et la puérilité
La souffrance déchirée et rendue , plutôt que guérie par la médecine d’Apollon, devient une initiation au cosmos de Dionysos
Changer de dieu n’est pas seulement changer de point de vue
Les dieux ne sont pas des êtres qui règneraient chacun sur une zone d’activité humaine différente
Chaque archétype pénètre la conscience, si bien qu’il éclaire celle-ci de la lumière d’un monde différent
Chaque cosmos que chaque dieu apporte avec lui n’exclut pas les autres, pas plus que ne s’excluent mutuellement les structures archétypiques de la conscience et leur manière d’être au monde
Mais plutôt les unes sont nécessaires aux autres , de même que les dieux font appel les uns aux autres
Ils s’ajoutent et se complètent
De plus leur interdépendance est une donnée de leur nature
Entièrement favorable à une psyché égocentrique, la psychologie monothéiste est aussi très nuisible à notre propos qui est de déplacer les perspectives par rapport au moi comme centre unique de la conscience
L’abandon du monothéisme montre que dans la psyché, Dieu est mort, mais non pas les dieux
La conscience se déplace comme Hermès, guide des âmes, à travers une multiplicité de perspectives et de manières d’être
Evoquer un seul dieu, et se tenir dans la seule conscience qu’il imprègne, reviendrait à commettre l’erreur de Nietzsche qui choisit un seul dieu et déposa tout à ses pieds, perpétuant ainsi, en dépit de son intention, la tradition dont il tentait de se libérer
L’angoisse montre avec qu’elle force le moi résiste et tient à sa structure apollinienne
Dionysos était le dieu de la folie et même le dieu fou
Le mythe nous montre l’aspect objectif des significations subjectives des évènements de la psyché
L’hystérie s’explique par le culte du dieu, compris comme un archétype refoulé et dissocié de telle manière que son mode de présence dans la conscience trahit certaines déformations
Dans l’hystérie nous assistons à une illustration du retour du refoulé
Si le dieu revient de cette manière, l’hystérie manifeste donc bien une conscience latente qui cherche à tout prix à entrer dans le champ du conscient
Le retour du refoulé ayant mis au jour une forme de conscience (l’inconscient), on y voyait dès lors un peu plus clair dans l’obscurité de la folie
Tout le dionysiaque n’est pas fou et tout ce qu’on appelle fou n’est pas dément
La folie liée à l’enthousiasme rituel doit être séparée de la démence
Cette folie est bénéfique selon Platon
Sans initiation, le dieu ne nous parvient qu’à travers ses ombres : Wotan et le diable chrétien
En Crète, Dionysos est force divine aussi bien que comme domestication de la nature vivante
Impulsion et inhibition vont de pair, comme Eros
La vie animale n’est pas puissance sans restriction mais autorégulation
La libido est double par nature (freud la tenait pour masculine et active) comme Dionysos
La proximité de la mort passe par la bisexualité
La dépression n’est pas une expérience de défaite, mais de descente, d’assombrissement et de métamorphose aquatique
Les mouvements de la libido sont des évènements mythiques auxquels nous participons et ils sont objectifs
Lorsque le moi oublie cela et prend l’amenuisement à titre personnel, il connaît la dépression en s’identifiant au dieu
Quand Dionysos apparaît, il y a réjouissances et célébration ; son absence est semblable à une pénible hibernation
Croire que nous provoquons ces mouvements, que nous pouvons les maîtriser ou que nous sommes blâmables de l’inflation ou de la dépression est de l’hybris, de la démesure |
|  | | Invité Invité
 | Sujet: Re: Hillman- Le mythe de la psychanalyse (citations) Sam 26 Sep - 9:14 | |
| Le dieu va et vient ; nous ne pouvons le manipuler
En intégrant ces mouvements dans le moi comme des actes dont nous serions responsables, nous frôlons la folie circulaire, la cyclothymie maniaco-dépressive
Relier le flux de la libido à une dominante archétypique donne à la dépression une dimension religieuse
La dépression est une crise de l’humeur en même temps que de l’énergie ; elle est aussi une crise de croyance
Le corps cesserait d’être réduit au royaume de l’abîme et de la passion ; il pourrait alors s’enrichir de la lenteur et de l’intériorité
Le rejet du féminin est le fond ultime de la psychanalyse, il constitue aussi la racine de la répression de la névrose
La fin de l’analyse coïncide avec l’acceptation de la féminité
Quel mythe est derrière l’analyse : un mythe de domination qui remonte à Apollon |
|  | | GnOlus le gnome Admin

Nombre de messages: 4400 Age: 28 Localisation: Sous un champignon, contemplant l'automne Date d'inscription: 03/07/2007
 | Sujet: Re: Hillman- Le mythe de la psychanalyse (citations) Sam 26 Sep - 20:51 | |
| Merci ! =D Passionnant ! Je risque d'y revenir ! Bien à toi Al _________________ "Quand l'amour s'en va, c'est le pouvoir qui prend sa place" Jung
Comme un gnOme : http://www.youtube.com/watch?v=7GN1I7M3yCc
Ofélia, puisses tu guider les êtres vers le Coeur, âme soeur, pour qu'ils puissent vivre avec l'Amour jusqu'à la fin de leur chemin, de leurs jours ; moi, je viens avec toi, tiens prends ma main ... : http://www.youtube.com/watch?v=GQCUF8ZvQTU&feature=player_embedded
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|  | | GnOlus le gnome Admin

Nombre de messages: 4400 Age: 28 Localisation: Sous un champignon, contemplant l'automne Date d'inscription: 03/07/2007
 | Sujet: Re: Hillman- Le mythe de la psychanalyse (citations) Mer 4 Nov - 21:27 | |
| Soufiane, Claude,
Votre avis ???
Bien à vous Alex _________________ "Quand l'amour s'en va, c'est le pouvoir qui prend sa place" Jung
Comme un gnOme : http://www.youtube.com/watch?v=7GN1I7M3yCc
Ofélia, puisses tu guider les êtres vers le Coeur, âme soeur, pour qu'ils puissent vivre avec l'Amour jusqu'à la fin de leur chemin, de leurs jours ; moi, je viens avec toi, tiens prends ma main ... : http://www.youtube.com/watch?v=GQCUF8ZvQTU&feature=player_embedded
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