Bonsoir,
Chronos me parle de vie après la mort ... quelques minutes après que j'eus partagé ceci sur le site d'Antoine, facebook et mon blog ... :
9/5Cette après-midi, je pensais à Antoine alors que je
rentrais à la maison. Juste après avoir franchi la porte, un vacarme se
fit entendre sur ma gauche dans une armoire. Je l'ouvre et constate
qu'un verre posé bien à la verticale, à 90° est tombé ... tout seul au
moment même où j'ouvrais la porte ... ! Cela m'a fait de suite penser à
Jung qui, dans ma vie, exprime des évènements analogues ...Castor et Pollux, les inséparables
«Pourquoi seulement choisir le plaisir quand on peut avoir la joie, la gratitude, la mélancolie même ?»
[ Christiane Singer ] - Derniers fragments d’un long voyage 
Extraits de mon blog :9/5Cette après-midi, je pensais à Antoine alors que je
rentrais à la maison. Juste après avoir franchi la porte, un vacarme se
fit entendre sur ma gauche dans une armoire. Je l'ouvre et constate
qu'un verre posé bien à la verticale, à 90° est tombé ... tout seul au
moment même où j'ouvrais la porte ... ! Cela m'a fait de suite penser à
Jung qui, dans ma vie, exprime des évènements analogues ...
7/5Le matin de sa mort, il était
présent avec moi. Je soignais un élève à l'infirmerie. En se
rhabillant, je lui ai tenu son manteau pour qu'il enfile une manche et
puis l'autre ... comme le faisant Antoine pour moi-même ... avec une
petite tape sur l'épaule.
Il m'a donné à boire quand j'avais soif.
Il m'a fait rire quand je pleurais.
Il a respecté mes silences et mon mystère.
Des images reviennent et restent gravées tout en réveillant énormément d'émotions :
Je
surfe sur des vagues de tristesse et de joie. Jamais je n'oublierai ces
verres d'eau apportés avec une serviette alors que j'avais si soif ...
cette tape sur l'épaule qui laisse une empreinte indélébile ... ce
sourire et ce rire unique, reconnaissable parmi mille ...
Hier,
avant de prendre de ma douche, je l'imaginais présent et rire comme il
savait le faire et ses propos évoquaient mon anatomie... comme il le
dirait "Je n'en dis pas plus !" ;-)
5/5Antoine est mort
ce matin. Sa vie a été glorieuse et banale, douce et brutale. De mon
côté, je perds symboliquement mon père ... spirituel ...
...
Antoine, Antoine, Antoine, je suis ton fils spirituel, je me mets dans
ta lignée, tu as été un maître, un grand-père, un oncle, un parrain, un
frère, un petit garçon, un farceur coquin, cynique et surtout humain
... qui m'acceptait tel que je suis ... quelqu'un qui a entendu, vu le
sombre en moi, qui me traversait et qui m'aimait quand même ... Quand
même ! Quand même ! Quand même !
1/5Mon psy est entre la
vie et la mort. Il est rentré samedi suite à un torticolis. Il avait
déjà des soucis d'hernie discale. Ils ont fait des examens. Il a une
septicémie d'un staphylocoque doré ... il souffrait atrocement, il
était à bout ... ils l'ont mis dans un coma artificiel, provoqué, pour
le soulager. Il est dans un état stable. Y a plein d'incertitudes.
En
pleurs, en sanglots, j'ai été le voir hier à Bruxelles aux soins
intensifs. Je suis rentré chez moi à 1h du mat. J'imagine qu'il est
entré sous terre, dans le ventre de la baleine et qu'il fait de beaux
rêves. Il réagit vivement quand je lui parlais.
J'ai fait un
grand rêve, très fort, très simple la nuit du jour où cela s'est passé.
Je suis dans la bibliothèque de l'école où je suis éducateur et je vois
un grand aigle brun dans la cour. Il est là et il m'attend. J'ai appris
la nouvelle dans ma voiture alors j'étais en pause et écoutais de la
musique pour prendre de la distance. 30 secondes après l'avoir apprise,
une buse ou un faucon ... bref un rapace tournoyait juste au-dessus de
moi dans le ciel bleu ... et j'étais ému.
Le matin même, je raconte
spontanément le rêve avec la fleur multicolore, aux couleurs de
l'arc-en-ciel aux élèves .. En me rendant à Bruxelles, qu'est-ce qu'il
y avait juste au dessus de la ville ??? un arc en ciel ECLATANT !
Jamais je n'ai vu cela ! Il m'accueillait comme une porte.
J'ai été
ensuite avec une amie. J'ai été seul le voir, gants, masque, tout le
tintoin est de rigueur. Je lui ai tout dit tout ce que j'avais à dire.
Il réagissait. Je l'ai embrassé sur le front, je lui ai tenu la main.
Sa femme, humaine, accepte que ses patients/ex-patients viennent le
voir. Elle accepte que des gens importants (pas nécessairement pour
elle) pour lui, qu'il a fréquenté indépendamment d'elle viennent le
voir. Je suis touché par cette ouverture, tolérance, acceptation,
considération. En étant avec lui, je parlais comme s'il était déjà mort
et en même temps comme s'il était encore là ... c'est un paradoxe fort
que j'ai vécu, une tension extrême ... VIE/MORT ... Je lui ai dit
toutes mes émotions. Dans la colère, la fureur, je lui ai dit que "ce
sont toujours les meilleur(e)s qui partent en 1er et d'autres choses
que je ne partage qu'à ceux que j'aime. Il vit une initiation, il est
dans un lieu mystérieux et je vais le rejoindre par et dans
l'imagination. Il a un front tout lisse, sans rides ... il a l'air de
vivre une 2eme jeunesse à l'intérieur ... En étant initié, il m'initie,
... je bascule moi aussi différemment ... je suis relié par un fil et
le fait qu'il bouge a un impact psychique sur moi ... il est en moi, je
suis en lui .. Effet papillon ...Je suis tantôt en pleurs, en colère,
peureux, angoissé et aussi joyeux, reconnaissant ... quelle soupe ...
Comme un enfant, j'ai dormi avec un de ses livres et cela m'a apaisé
... Je suis content de partir ce week-end ... changer d'air ... parce
que personnellement, je fais des absences, j'entre en auto-hypnose, une
forme d'autisme où plus rien n'existe autour de moi ... En théorie,
j'allais en Suisse mais je choisis de ne pas faire 800kms seul dans cet
état psychologique. Hier et psychiquement à l'école, quand je suis dans
cet état où mon psychisme vit les choses avant qu'elle ne se passe, des
choses tombent toutes seules autour de moi, le pc plante sans cesse et
je dors d'un sommeil de plomb ... Cette septicémie est une forme de
"cancer" (=>analogie) dans le sens d'une propagation ici de
bactéries dans tout le corps. Hors j'ai moi-même demandé à mon psy de
traduire un texte de Spring publications sur le cancer. Un ami psy avec
qui j'ai parlé m'a dit qu'Antoine s'est laissé, a laisse le texte agir
sur lui et que ça a peut-être réveillé une bactérie qui dormait en lui.
La culpabilité s'éveille alors en moi "Je l'ai envoyé à la mort !!!"
... avec l'aide de ses ami(e)s, je suis conscient que c'était latent,
que c'est son vécu que je ne suis qu'un déclencheur et peut-être que
sans ce texte, ça se serait déclenché plus tard de manière foudroyante
et fulgurante. Cela lui permet de vivre l'expérience, de "oui" et de
pas la subir. Il veut peut-être la vivre, lui dit "oui". Car en effet,
il est morbiste et vit la maladie comme une aventure humaine à vivre
pleinement, venant de la mort et source de transformation ...Dans le
pire, voir aussi le meilleur.
Ourobouros"Si nous nous revoyons, c'est magnifique !
Si nous ne nous revoyons pas, c'est magnifique !
Mais si un jour je reviens à votre mémoire,
Je vous en supplie,
Ne me glorifiez pas,
Ne me blâmez pas,
Mais bénissez moi." C.Singer