Miroir de l'âme : rencontres d'âmes et d'esprits

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 Prométhéen ?

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GnOlus le gnome
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MessageSujet: Prométhéen ?   Mer 1 Oct - 20:18

Ce qui suit sur le béhaviorisme est valable pour la psychanalyse lacanienne et freudienne qui sont bien centrées sur l'inconscient du moi (la poubelle) à défouler encore et toujours : ils sont prométhéens. Cela n'est pas un souci en soi. Le souci est de voir le monde littéralement selon leurs approches : en tant que matérialisme, l'invisible est exclu et donc l'âme, la réalité imaginale et les daïmons.

Je voudrais formuler notre position, celle des «mythophiles», de manière extrême: la psychologie est mythologie – ou de manière encore plus globale: sans mythologie, point de sciences humaines.

La psychologie est mythologie – qu'est-ce que j'entends par là?

La conception de ce qu'on appelle la réalité est un des thèmes classiques de la philosophie. Je n'aurai certes pas tous les philosophes contre moi, si je constate que nous éprouvons le monde de deux manières: je m'éprouve moi-même comme sujet, et j'éprouve les autres et autre chose comme objet. J'éprouve de l'intérieur de moi-même et de l'extérieur comme observateur extérieur. Dans ce sens, le philosophe suisse Paul Haberlin a écrit, par exemple, qu'il n'y a que deux sciences: la psychologie et la physique. La psychologie chercherait à comprendre la réalité de l'intérieur, la physique, de l'extérieur. Nous avons affaire aux sciences humaines et aux sciences naturelles, ou aux sciences exactes, et aux autres, aux yeux de beaucoup de gens, sciences inexactes.

Les scientifiques exagèrent souvent: certains prétendent que seules les sciences naturelles sont des sciences, que seules les constatations et les mesures objectives, ainsi que la recherche de relations causales, peuvent saisir la réalité, ceci concernant également la psychologie. On exige une psychologie sans âme; l'âme est expliquée, au mieux, comme un épiphénomène. Souvent, on va même jusqu'à l'exclure de la psychologie. Lorsque je mesure la vitesse du pouls, la pression artérielle et la sudation dans certaines situations, ce n'est certes pas encore de la psychologie. Lorsque je constate le mois au cours duquel l'enfant a souri pour la première fois, c'est alors une observation presque scientifique. L'étude des comportements humains à l'aide de critères extérieurs, de statistiques, ne nous donne encore aucune connaissance sur l'âme. Le fait de savoir combien d'heures devait travailler un artisan de Zurich au XVIe siècle pour gagner un kilo de pain, ou bien combien de calories comportait l'alimentation journalière moyenne d'un esclave de l'ancienne Rome, nous donne certes des informations intéressantes sur les conditions de vie de l'époque, mais ce n'est pas encore de l'histoire. La psychologie et les sciences humaines commencent seulement à partir du moment où les observations, les statistiques, les faits extérieurs, etc., sont interprétés, où nous nous interrogeons sur les motivations et les arrière-plans des agissements et des sentiments des individus, des groupes et des sociétés. Mais c'est précisément là que tout commence à devenir mythologie; nous ne pouvons approcher l'événement psychique qu'à travers les histoires, les récits, les images, etc.

On conçoit que les behavioristes aient souhaité évacuer de la psychologie l'âme, c'est-à-dire tout vécu subjectif, toute introspection. Si la psychologie est conçue comme une science naturelle, il doit en être ainsi. Des données scientifiques exactes sur l'être humain ne peuvent être produites que si tout vécu subjectif est ignoré. Mais le désavantage alors, c'est que nous ne faisons pas un pas de plus pour saisir ce qu'est l'âme. Si on constate que la pression artérielle augmente, aussitôt qu'un jeune homme aperçoit une jeune fille déterminée, cela n'exprime encore rien sur la relation psychique entre l'homme et la femme. Si des procédés comportementalistes – les conditionnements positifs et négatifs – peuvent souvent guérir les névroses d'angoisse, cela ne veut pas encore dire que nous comprenons ce qu'est l'homme malade ou l'homme sain, que nous saisissons ce qui se déroule dans l'intimité de la personne concernée. J. B. Watson, un des fondateurs du behaviorisme, écrivit en 1913: «Le behavioriste conçoit la psychologie comme une science naturelle pure. Son but théorique est la prédiction et le contrôle du comportement; l'introspection ne relève pas de sa méthode.»

Aujourd'hui encore, le behaviorisme jouit d'une certaine vogue auprès des psychologues. Les techniques comportementalistes se fondent en partie sur les théories behavioristes. Le behavioriste cherche à élaborer le comportement humain à l'aide d'observations objectives et d'expériences précises, de la même manière qu'un homme de sciences cherche à saisir la matière chimique. Le vécu humain subjectif n'est pas pris en considération.

Selon moi, le behaviorisme ne peut être compris que du point de vue mythologique. Il représente un énorme grossissement du mythe prométhéen. L'être humain devrait tout régenter et tout soumettre à son contrôle, et s'il y a des phénomènes qui ne se laissent pas expliquer ni maîtriser, comme le vécu psychique subjectif, alors on l'ignore tout simplement et on le met de côté, même si cela va de façon tout à fait manifeste à l'encontre de la règle la plus élémentaire de toute activité scientifique, à savoir, qu'un chercheur doit prendre en considération tous les phénomènes qu'il rencontre, que ceux-ci lui conviennent ou non. [Note perso : Dans ce sens, Freud qui voit l'astrologie comme de l'obscurantisme est tout à fait révélateur du côté prométhéen de son approche et l'invitation à refouler ce qui n'est pas matériel voire à complètement l'expliquer rationnellement (Freud qui définit "Dieu" est le comble du siècle passé XD)". Au déni des lacaniens pour l'âme, la réalité imaginale et l'image, je propose un "NON!" bien castrateur :-D ... ils aiment ça le sado-masochisme XD]

C.G. Jung se considérait, en effet, souvent comme un scientifique, mais il a toujours mis au centre de ses préoccupations, de manière tout à fait radicale, l'âme, qui ne doit être abordée ni causalement, ni statistiquement. Il ne nous a légué ni une psychologie, ni une psychopathologie systématiques, pas même une méthodologie psychothérapeutique, mais une richesse colossale d'images et de récits sur l'âme. Il a eu la témérité de se laisser personnellement vaincre par l'âme et de saisir et nous transmettre les images et les récits, les symboles, qui s'y révèlent. A ce propos, il nous a également descellé la richesse du symbolisme psychique de l'alchimie. Je retire de l'œuvre de Jung que le devenir de l'âme ne peut jamais se concevoir qu'à travers les symboles, mais qui n'épuisent jamais totalement l'âme, ils ne s'en rapprochent toujours que plus ou moins. Voici ce que cela veut dire en dernier ressort:

Toutes les conceptions, théories, explications, etc., des sciences humaines ne sont que des formulations symboliques. Ceci concerne non seulement la psychologie, mais aussi l'art, l'histoire, la politique, etc. – ces disciplines traitent des agissements humains et de leurs arrière-plans. Pour tout ce qui concerne l'âme humaine, et donc aussi les agissements humains, il n'y a pas d'enchaînements de causalités clairs et pas de prévisions exactes possibles – et cela vaut pour les cours de la bourse, pour les résultats des élections, pour la question de savoir qui s'éprend de qui et pour le pronostic des maladies mentales. Un exemple du rôle que joue le symbole en psychologie: beaucoup de choses se passent dans la relation des enfants vis-à-vis de leurs parents, de la naissance à la mort.

Source : Güggenbuhl, les vieux sots, éditions lulu.com

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Comme un gnOme : http://www.youtube.com/watch?v=7GN1I7M3yCc

Ofélia, puisses tu guider les êtres vers le Coeur, âme soeur, pour qu'ils puissent vivre avec l'Amour jusqu'à la fin de leur chemin, de leurs jours ; moi, je viens avec toi, tiens prends ma main ... : http://www.youtube.com/watch?v=GQCUF8ZvQTU&feature=player_embedded
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