Bonjour,
Les psychologies prises unilatéralement sont des fanatismes. En effet, tyranniquement, elles se basent sur un seul centre : le leur. Le père fondateur est érigé en Dieu. Les autres approches sont écartées, déniées. Le savoir psychologique devient un lieu de ... pouvoir ! Le comble pour cette "science" qui s'intéresse au discours de l'âme ! Ces psychologies n'en sont pas vues qu'elles sont dépourvues d'âmes. Elles sont comme en parle Guggenbühl : vides d'âme, des déserts sans âme : narcissiques, psychopathes voir franchement obsessionnelles/misonéistes : rigides et figées au niveau de la pensée.
Que ce soit la psychanalyse, le comportementalisme, PNL, humanisme, ... peu s'intéressent et s'ouvrent à un discours polysémique. L'invitation est de lire, voir, comprendre sous plusieurs modèles, lunettes et en acceptant que tout ne peut pas être expliqué : le fait de ne pas savoir expliqué est aussi un modèle qui a sa place.
J'ai trouvé des propos sur le polythéisme de l'âme qui pourraient vous intéresser et qui vont dans le sens de ce que je dis ici :
Avec tout le respect que je dois aux efforts accomplis pour entretenir l'héritage religieux des cultures régionales avancées, on peut même se demander si le monothéisme peut servir de matrice à une éthique contemporaine, ou si l'on ne doit pas voir en lui, au contraire, le père de tous les fanatismes. Johan Galtung, spécialiste des problèmes liés à la paix, a dressé un bilan dévastateur de l'énergie polémogène des religions monothéistes, et même si l'on contrebalance ce bilan par des éléments positifs, les objections restent fortement majoritaires. La culture religieuse du sentiment de faute, noyau des constitutions monothéistes du sur-moi, ne fournit pas une base affective appropriée à un projet de société moderne.
Citation tirée de :
Peter Sloterdijk, Ni le soleil ni la mort. Jeu de piste sous forme de dialogues avec Hans-Jürgen Heinrichs. Pauvert, 2003.
Je rêve d'une psychothérapie compatible avec le monde comme il va : un monde ouvert, polyglotte, polythéiste, cosmopolite, riche d'êtres et de choses qui entendent ne pas disparaître.
Je rêve d'une psychothérapie qui saurait intégrer les familles, les experts, qu'ils proviennent de la profession "psy" ou d'autres disciplines, les divinités, - notamment celles des autres -, les invisibles, les objets thérapeutiques.
Tobie Nathan, "Pour une psychothérapie enfin démocratique", in La guerre des psys, les empêcheurs de penser en rond, 2006.
Entièrement favorable à une psyché égocentrique, la psychologie monothéiste est aussi très nuisible à notre propos qui est de déplacer les perspectives par rapport au moi comme centre unique de la conscience. Une psychologie archétypique qui accorderait à de nombreuses dominantes la place qui leur est due et qui reconnaîtrait l'interpénétration psychologique réelle des nombreux dieux (...) se verrait contrainte de mettre en doute et même à abandonner le monothéisme psychologique et son insistance. (...)
Une psychologie conforme à sa vue archétypique de la structure psychique doit refléter cette multiplicité de centres et affirmer un polythéisme psychologique.
Hillman
http://sol.over-blog.com/article-4604917.htmlBien à vous,
Alex